Les stations ECOS psychiatrie comptent parmi les plus redoutées de l'épreuve du DFASM3, à la fois parce qu'elles mobilisent une compétence relationnelle exigeante et parce que les grilles de correction du CNG y sont particulièrement structurées. Sur les 18 stations de l'épreuve nationale, 2 à 3 portent chaque année sur la santé mentale, et leur note pèse directement dans le classement R2C qui détermine l'affectation en internat. Ce guide rassemble les huit scénarios cliniques les plus probables, les grilles de correction officielles publiées par le Centre national de gestion, et la méthodologie validée par les coordinateurs locaux ECOS. Mise à jour 30 mai 2026.
L'épreuve ECOS (Examen Clinique Objectif Structuré) a été instaurée par l'arrêté du 21 décembre 2021 portant réforme du deuxième cycle des études de médecine, et intégrée à la procédure R2C (Réforme du Deuxième Cycle) en juin 2024. Elle constitue la troisième composante du classement des Épreuves Dématérialisées Nationales, aux côtés des EDN (60 % du score final) et du parcours (10 %). L'ECOS représente 30 % du score, soit la composante la plus discriminante pour les choix de spécialité à fort prestige comme la dermatologie, l'ophtalmologie ou la radiologie.
Concrètement, chaque étudiant enchaîne 18 stations cliniques de 8 minutes, séparées par 2 minutes de transition pour lire le scénario suivant. Selon le bilan officiel du CNG publié en septembre 2025, la psychiatrie a représenté 2 stations en 2023, 3 stations en 2024 et 2 stations en 2025, soit une moyenne stable de 13 % des stations totales. Cette proportion correspond à la pondération attendue dans le programme des 367 items du R2C, où la psychiatrie occupe les items 64 à 76 plus quelques items transversaux (addictions, troubles du sommeil, conduites suicidaires).
Les ECOS psychiatrie ne testent pas la connaissance livresque, qui est déjà évaluée par les EDN. Elles testent trois compétences spécifiques : l'entretien clinique semi-structuré, la formulation diagnostique en temps contraint, et la communication d'information sensible. Le patient standardisé, recruté et formé par les facultés selon le référentiel CNG-CIDMEF, applique un script précis et n'a pas le droit de fournir d'information qui n'aurait pas été demandée explicitement. Cette règle, méconnue de beaucoup d'étudiants, explique pourquoi les notes plafonnent rapidement quand l'entretien n'est pas structuré.
La grille de correction officielle CNG, publiée dans le guide ECOS 2025, distingue quatre axes de notation regroupant 15 à 25 items critériés selon la station. La répartition est stable d'une station à l'autre : communication empathique (25 % des points), recueil sémiologique structuré (30 %), démarche diagnostique et raisonnement clinique (25 %), conduite à tenir et plan thérapeutique (20 %). Chaque item est coté en binaire (acquis / non acquis) ou sur trois niveaux (non fait / partiellement fait / complet), la cotation binaire représentant 70 % des items en moyenne.
Le découpage temporel optimal validé par les coordinateurs ECOS reste le même quelle que soit la station de psychiatrie : 1 minute d'accueil et de cadrage relationnel, 4 minutes de recueil sémiologique structuré, 1 minute de synthèse et reformulation, 2 minutes de conduite à tenir et clôture. Un dépassement de la phase de recueil au-delà de 5 minutes coûte mécaniquement les points de l'axe « plan thérapeutique » qui ne sera plus abordé.
L'accueil est noté entre 3 et 5 points selon les stations. Les items invariants sont : se présenter en nom et statut (« étudiant en médecine en stage »), vérifier l'identité du patient, expliquer le cadre de l'entretien et sa durée approximative, rechercher le consentement à l'entretien, et installer une posture corporelle d'écoute (regard, distance, ouverture). Sauter l'un de ces cinq items entraîne une perte directe de 1 point sur la grille, sans rattrapage possible.
Le recueil sémiologique est l'axe le plus discriminant. La grille CNG attend une exploration systématique des cinq dimensions de l'examen psychiatrique : présentation et comportement, humeur et affects, contenu et cours de la pensée, perception (hallucinations et illusions), cognition et insight. À cela s'ajoute la recherche systématique d'idées suicidaires (item de sécurité éliminatoire) et l'évaluation du retentissement fonctionnel (familial, professionnel, social).
Le tableau ci-dessous synthétise les huit scénarios qui représentent plus de 80 % des stations ECOS psychiatrie tombées entre 2023 et 2025, avec leur item R2C de rattachement, leur fréquence observée dans les annales CNG et les axes critiques de la grille de correction.
| Station type | Item R2C | Fréquence 2023-2025 | Axe critique de la grille | Durée moyenne validation |
|---|---|---|---|---|
| Évaluation du risque suicidaire | Item 351 | 4 occurrences (50 %) | RUD : Risque, Urgence, Dangerosité | 7 min 20 s |
| Annonce diagnostic schizophrénie | Item 65 | 3 occurrences (37 %) | Communication SPIKES adaptée | 7 min 50 s |
| Trouble dépressif majeur résistant | Item 66 | 3 occurrences (37 %) | Critères CIM-11 + bilan organique | 6 min 50 s |
| Syndrome de sevrage alcoolique | Item 76 | 3 occurrences (37 %) | Score CIWA-Ar + benzodiazépines | 7 min 10 s |
| Décompensation maniaque aiguë | Item 64 | 2 occurrences (25 %) | Hospitalisation sans consentement | 7 min 30 s |
| État confusionnel personne âgée | Item 108 | 2 occurrences (25 %) | Diagnostic différentiel organique | 6 min 40 s |
| Trouble anxieux généralisé | Item 67 | 2 occurrences (25 %) | Critères durée + retentissement | 6 min 30 s |
| Idées délirantes aiguës | Item 65 | 2 occurrences (25 %) | Caractérisation thématique et structure | 7 min 40 s |
Pour la station d'évaluation du risque suicidaire, qui est statistiquement la plus probable, la grille CNG exige l'application complète de l'échelle RUD : caractériser le Risque (antécédents, idées, scénario, accessibilité du moyen), évaluer l'Urgence (intentionnalité, planification, capacité à différer), et mesurer la Dangerosité (létalité du moyen, accès aux soins). L'oubli d'un seul des trois axes coûte 4 points sur 20 et fait basculer la note sous le seuil de validation. Pour aller plus loin sur la méthodologie générale, consulter notre guide de méthodologie ECOS pour les EDN 2026.
L'analyse des copies-types et des retours d'examinateurs publiés par les sept facultés organisatrices (Paris-Cité, Sorbonne, Lyon Est, Toulouse, Lille, Bordeaux, Marseille) en mars 2025 fait ressortir cinq erreurs récurrentes qui font perdre en moyenne entre 25 % et 40 % des points d'une station ECOS psychiatrie.
Première erreur : poser des questions fermées en chaîne plutôt que d'amorcer par une question ouverte. La grille CNG cote explicitement l'usage d'au moins deux questions ouvertes dans les trois premières minutes (« Qu'est-ce qui vous amène ? », « Pouvez-vous m'en dire plus ? »). Deuxième erreur : ne pas évaluer le risque suicidaire face à un patient dépressif. Cette omission est éliminatoire dans 100 % des grilles psychiatrie et coûte 30 % des points en moyenne. Troisième erreur : interrompre le patient pendant les 90 premières secondes, ce qui coupe le récit spontané et fait perdre les items « écoute active » et « empathie ».
Quatrième erreur : oublier la recherche systématique d'une cause organique. Face à un état confusionnel, un syndrome dépressif d'apparition brutale ou une symptomatologie psychotique chez un sujet âgé, le réflexe doit être de chercher un toxique, une iatrogénie, une hypoglycémie, une infection ou une lésion cérébrale. Cinquième erreur : annoncer un diagnostic sans avoir vérifié la compréhension du patient et sans avoir proposé un cadre de suivi. Le protocole SPIKES (Setting, Perception, Invitation, Knowledge, Empathy, Strategy) est attendu dans toutes les stations d'annonce.
Le CNG publie chaque année en novembre les annales corrigées de la session précédente, accessibles sur le portail r2c.uness.fr. Pour 2026, les annales 2023, 2024 et 2025 sont consultables avec les grilles de correction officielles et les commentaires des coordinateurs. Le référentiel du Collège national universitaire de psychiatrie (CNUP), édition 2024 chez Elsevier-Masson, reste l'ouvrage de référence pour la connaissance théorique : 380 pages couvrant les 13 items psychiatriques du R2C.
Pour la pratique, trois modalités d'entraînement se cumulent. L'entraînement en binôme reste irremplaçable : l'un joue le patient à partir d'un script, l'autre conduit l'entretien sous chronomètre. Les facultés organisent des sessions de simulation toutes les 6 à 8 semaines en DFASM2 et DFASM3. Les outils numériques comme le simulateur ECOS d'Ask Amélie permettent une cotation automatique alignée sur la grille CNG, avec retour personnalisé en moins de 30 secondes après la station. La répétition vidéo (s'enregistrer puis s'auto-évaluer) reste l'un des leviers de progression les plus efficaces selon une étude pédagogique parue en mars 2024 dans Pédagogie Médicale.
Un programme d'entraînement réaliste sur six mois prévoit 30 à 40 stations simulées, dont au moins 10 stations ECOS psychiatrie, réparties sur les huit scénarios types ci-dessus. Pour compléter, consulter notre analyse des annales ECOS CNG 2025 corrigées, notre guide détaillé sur l'évaluation RUD du risque suicidaire, et notre protocole SPIKES pour l'annonce diagnostique.
Sur les 18 stations totales de l'épreuve ECOS du DFASM3, 2 à 3 stations relèvent généralement de la psychiatrie et de la santé mentale, soit environ 12 à 17 % du total. Le CNG ne communique pas la répartition exacte avant l'épreuve, mais les annales 2023, 2024 et 2025 confirment cette proportion stable. La psychiatrie est l'une des sept spécialités les plus représentées avec la cardiologie, la pneumologie, la gastro-entérologie, la pédiatrie, la gynécologie et la médecine d'urgence.
Les huit scénarios récurrents sont : annonce d'un diagnostic de schizophrénie, évaluation du risque suicidaire, syndrome de sevrage alcoolique, trouble dépressif majeur résistant, décompensation maniaque, état confusionnel chez la personne âgée, trouble anxieux généralisé, et idées délirantes aiguës. Ces huit thèmes représentent plus de 80 % des stations psychiatrie tombées entre 2023 et 2025.
Chaque station ECOS dure 8 minutes et est notée sur une grille critériée de 15 à 25 items, regroupés en quatre axes : communication empathique (25 %), recueil sémiologique structuré (30 %), démarche diagnostique et raisonnement clinique (25 %), conduite à tenir et plan thérapeutique (20 %). Un patient standardisé et un examinateur appliquent la grille en double cotation. Le seuil de validation se situe autour de 50 % des points, mais les notes inférieures à 30 % sont éliminatoires.
La connaissance de la CIM-11 est attendue depuis la mise à jour des items R2C en 2024. Le DSM-5-TR reste une référence complémentaire utile, notamment pour les critères de durée et de retentissement fonctionnel. Les examinateurs n'exigent pas la récitation des critères mais leur application clinique : savoir reconnaître un épisode dépressif majeur, un trouble bipolaire de type I, ou un trouble panique à partir des symptômes décrits par le patient standardisé.
L'entraînement doit combiner trois modalités : la lecture des grilles officielles du CNG (annales 2023-2025 disponibles), la simulation en binôme avec un camarade jouant le patient, et l'auto-évaluation vidéo. Compter 30 à 40 stations simulées sur six mois pour atteindre une note de validation stable. Les outils numériques type simulateur ECOS Ask Amélie permettent une cotation automatisée alignée sur la grille CNG.
Trois erreurs sont systématiquement sanctionnées : ne pas évaluer le risque suicidaire face à tout patient dépressif (perte directe de 30 % des points), banaliser les idées délirantes ou hallucinations rapportées, et oublier la recherche systématique d'une cause organique en cas de symptômes psychiatriques aigus (confusion, syndrome de sevrage, iatrogénie). Le non-respect du consentement et la rupture de la confidentialité sont également éliminatoires.
Démarrer ta préparation avec Ask Amélie
Coach IA, annales corrigées, simulateur ECOS — gratuit pour commencer
Essayer maintenant →